D'où vient la technologie du jumeau numérique
Les jumeaux numériques sont nés dans l'aérospatiale et l'industrie manufacturière. BioTwin applique la même rigueur au corps humain.
Réacteurs, fusées, usines
La technologie du jumeau numérique n'est pas née dans la santé. Elle est née sur les pas de tir et dans les ateliers. La NASA en a utilisé des formes précoces pendant le programme Apollo, en faisant tourner au sol des modèles logiciels des systèmes du vaisseau, en parallèle de ce qui se passait en orbite. Les constructeurs d'avions et de moteurs utilisent des jumeaux numériques pour suivre l'usure réelle de chaque moteur. Siemens fait tourner des jumeaux numériques d'usines entières pour anticiper les pannes. Quand cette même technologie s'applique à un être humain plutôt qu'à une machine, BioTwin l'appelle un jumeau virtuel.
Le schéma est chaque fois le même. Un actif physique compte trop pour être laissé sans surveillance. Un modèle logiciel de cet actif est maintenu en synchronisation continue avec les données du terrain. Les ingénieurs s'en servent pour prédire la défaillance d'une pièce, ajuster les performances et tester des modifications avant de toucher à l'objet réel.
De la fusée au corps humain
Un corps humain n'est évidemment pas un réacteur. La biologie est plus désordonnée, les capteurs plus difficiles à poser, et l'enjeu est personnel plutôt qu'industriel. Mais le saut conceptuel est plus court qu'il n'y paraît. Ce qui se transpose de l'aérospatiale, c'est la discipline : des mises à jour régulières plutôt que des examens occasionnels, l'intégration de sources multiples plutôt qu'un paramètre isolé, et l'attention portée aux signaux que l'on ne ressent pas encore.
Ce qui change, c'est l'entrée. À la place des capteurs de vibration et des sondes de température, BioTwin lit des signaux métaboliques dérivés de biomarqueurs. Un échantillon Bio-Signature passé en spectrométrie de masse produit plus de 30 000 signaux métaboliques dérivés de biomarqueurs : largement de quoi alimenter un modèle qui tient debout.
Pourquoi BioTwin a pris cette voie
Un bilan standard isolé est un instantané. Il dit où se situaient quelques analytes à un moment donné. Un jumeau virtuel est un compagnon vivant. Il continue d'apprendre à mesure que de nouveaux échantillons et de nouvelles analyses arrivent, et il permet de poser des questions auxquelles un rapport figé ne peut pas répondre.
BioTwin existe parce que la santé humaine mérite la même rigueur de modélisation que les ingénieurs appliquent déjà à un réacteur ou à une fusée. Si des ingénieurs tiennent un modèle vivant d'un seul réacteur, l'idée qu'une personne gère sa propre biologie avec une feuille de papier et un bilan annuel commence à dater.
